Matsuri à Miyazaki

Pouvoir assister à des festivals lors de ses voyages au Japon est une chance, ou le résultat d’une très bonne organisation. Du coup, dès que je prévois de retourner au pays du soleil levant, je regarde s’il n’y a pas des matsuri dans les lieux que je souhaite visiter! Kyushu n’a pas fait exception. Certains le savent peut-être mais j’adore cette région, c’est un peu mon coup de coeur japonais. Alors quand j’étais présente sur l’île, j’en ai profité pour assister à divers événements. Voici mon retour sur un festival de la ville de Miyazaki (dans la préfecture du même nom) : Miyazaki Jingu taisai 宮崎神宮大祭 .pola_miyazaki

Le festival a une longue histoire qui commence en 1896 lorsque des habitants ont envoyé une pétition au sanctuaire de Miyazaki pour les autoriser à prier dans un lieu proche de leurs habitations. Voyager pour vénérer l’empereur Jinmu (le mythologique 1er empereur du Japon) était alors trop difficile du fait des longues distances. Le sanctuaire approuva la demande, et autorisa le transfert de la déité consacrée pour rendre visite aux fidèles trop éloignés une fois par an. Cela c’est progressivement transformé vers les années 1910 dans la parade actuelle. La fête permettait aussi de célébrer les bonnes récoltes.

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Grand Festival du sanctuaire de Miyazaki (June, 1940)

Le festival a lieu pendant le dernier week-end d’octobre (suivant la cérémonie annuelle tenue dans le sanctuaire) et est l’occasion d’ une parade dans les rues. Cette parade est aussi appelée par les locaux Jinmu-sama en référence à l’empereur Jinmu qui est consacré dans le sanctuaire principal de la ville. C’est d’ailleurs de ce sanctuaire que débute les processions.

Le matsuri se déroulait le jour même de ma venue à Miyazaki et malheureusement lorsque j’arrive en ville, la parade a déjà débutée. Mais j’en profite quand même! Les participants quel que soit leur âge (petits et grands) arborent des costumes traditionnels ou religieux, représentants parfois des déités. Certains hommes portent lors de la procession de lourdes châsses portatives utilisées dans les rituels shintoïstes appelées mikoshi (神輿, « palanquin divin ») ou shinko.

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Puis vint un géant perché sur un char décoré par des nuages et poussé par des hommes. Il s’agit sûrement de Amaterasu, déesse du soleil et reine des « hautes plaines célestes ». Selon le shintoïsme, tous les empereurs japonais l’auraient comme ancêtre. En plus de son diadème soleil, on peut la reconnaître aux éléments de sa tenue : le collier de fertilité magique Yasakani no magatama, le miroir bouclier de bronze Yata no Kagami et l’épée Kusanagi (merci Joranne pour ta confirmation). Ces attributs sont importants car ils sont les 3 Trésors Sacrés de la famille impériale, transmis à Jinmu par la déesse. Certains sont encore utilisés lors du sacre de l’empereur mais comme la cérémonie est privée, les objets ne sont visibles que par l’empereur et certains prêtres.

La présence de Amaterasu, déesse du soleil, peut aussi s’expliquer par le fait que l’ancien nom de la préfecture était Hyuga. Les caractères Kanji Hyuga signifiant « faire face au soleil », comme un lien permanent avec la déité majeure du shintoïsme.

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Pour donner un peu de rythme à la parade, il y a des groupes de musiques qui défilent soit à pied, soit sur un char. Et on peut écouter tous les styles : musique traditionnelle avec des taikos (tambours) ou musique de fanfare.

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Un des passages que j’ai aimé, c’est les archers du Yabusame en costumes traditionnels de l’époque de Kamakura (1185 – 1333). De longs arcs, un chapeau conique, des vêtements de soie colorés, des chausses en peau de daim… C’est magnifique!

Les archers ne sont pas les seuls à monter à cheval, on peut voir des aristocrates de l’ère Heian lors de la parade qui inclue aussi la procession des Shanshan Uma (chevaux Shanshan). Ces derniers sont associés à un vieux folklore local où de jeunes mariés en quête de bonheur marital voyageaient un long chemin le long de la côte Nichinan entre Udo-jingu et Miyazaki. Les Shanshan Uma représentent donc ces couples revenant du sanctuaire, l’époux menant le cheval avec la mariée installée dessus car percluse de fatigue. Shanshan fait référence à l’onomatopée du son produit par les clochettes accrochées aux chevaux richement harnachés.

Des spectacles ont lieu sur la place Jinmu-sama, sur la rue Takachiho. On peut ainsi entendre le roulement des Taiko, voir des représentations de Yokagura (une danse shinto théâtralisée) ou tout simplement profiter des stands de nourriture pour se régaler.

L’avis des Petits Papiers de Mélo

Le festival vaut le coup d’oeil si vous êtes sur place au même moment (même si ce n’est pas forcément le plus extraordinaire auquel j’ai pu assister)! Il alterne entre cérémonie religieuse et une procession plus joyeuse avec musique, danse… Laissez-vous tenter!

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