A la découverte de l’artisanat d’Asakusa

Après la visite du Sensō-ji et la découverte du sanctuaire des chats (Imado-jinja), j’ai pris le chemin de mon auberge de jeunesse. C’est en flânant sur le retour que j’ai découvert dans une galerie commerçante un tout petit musée : Edo Shitamachi Dentō Kōgeikan

On trouve en effet, à quelques minutes du sanctuaire d’Asakusa, ce petit musée historique où on peut en apprendre un peu plus sur l’histoire du quartier au travers de son artisanat. Depuis Edo, les productions traditionnelles y sont populaires et on y trouve encore aujourd’hui des artisans qui respectent cette tradition. Le musée expose ainsi des ouvrages faits mains (peignes, brosses, ciseaux, meubles), les outils utilisés pour leur production et il propose également le weekend des démonstrations d’artisans.

Voici une petite sélection d’objets que l’on peut y voir.

tokyo_musee2

A la sortie de l’escalier au 1er niveau, on peut découvrir des chōchin suspendues le long du mur. Ces lanternes pliables en papier froissé sont ornés de caractères peints souvent pour indiquer le lieu (restaurants, …); ainsi les akachōchin (lanterne rouge) indiquent les izakaya. Ces lanternes éclairées à la bougie sont utilisées depuis longtemps, notamment depuis la période Edo. Importées de Chine, elles ont été améliorées au Japon avec une structure en spirale permettant de replier la lanterne afin d’y installer les bougies. J’ai adoré la lanterne de gauche, on dirait qu’une danseuse de carnaval brésilien y est dessinée. Cela donne une ambiance festive au musée.

 

Le musée exposait aussi des poupées traditionnelles japonaises ningyō (littéralement « figure humaine »). Il y avait notamment les fameuses poupées que l’on peut apercevoir pendant le Hina Matsuri (festival des poupées, le 3 mars). La tradition veut que ces poupées protègent des mauvais esprits. Un jeu de poupées représente des personnages de la cour impériale (Heian ) et est composé à la base par 2 poupées symbolisant l’Empereur et l’Imperatrice (on la reconnaît à ses nombreuses couches de tissu).

tokyo_musee

C’est également dans ce petit musée que j’ai pu approcher de plus prêt un Kumade. J’en avais croisé un à la gare de Ueno mais il était accroché trop en hauteur pour voir les détails, alors j’étais contente d’un trouver un à ma hauteur pour mieux l’observer. Cet objet insolite est un porte-bonheur géant qui décore les commerces japonais. Le kumade (littéralement « patte d’ours ») est une sorte de grand râteau en bambou qui est décoré depuis la période Edo par des charmes portant bonne chance. Il aiderait notamment à « ratisser »/attirer le bonheur, la prospérité et la chance… Mais vous ne le verrez normalement qu’en fin d’année (à partir de novembre) car il sert à accueillir le nouvel an lors du « Tori no ichi » (jour du coq).

Le kumade est assez représentatif du quartier, car un des plus grands festivals Tori no Ichi se déroule au sanctuaire Ohtori et au Juzaisan Chokoku-ji à Asakusa. Une autre tradition, veut que chaque année on achète un kumade un peu plus grand que celui de l’année précédente dans le but d’avoir un succès grandissant. Alors il vaut mieux commencer par un petit kumade. Si vous vous trouvez à Tokyo en novembre, faîtes également un tour au festival du sanctuaire Hanazono-jinja (près de Shinjuku), les Kumade y sont le produit phare.

Le kumade est composé de nombreux ornements et symboles traditionnels. On trouve notamment le masque féminin Otafuku (porté dans le théâtre Kyogen) aussi connue comme la déesse de la gaîté/bonne humeur. D’autres kamis sont également représentés comme un gage de protection. Mais on trouve aussi de fausses pièces d’or, pour attirer la chance dans les affaires. Les komedawara (fagots de riz) symbolisent la prospérité, les sakuras la chance et la grue la longévité. En tant qu’oiseau messager des dieux, elle permet d’amasser la fortune. D’ailleurs, pour ceux qui en déjà vu un kumade, avez-vous reconnue la queue de la grue symbolisée dans la forme en éventail des râteaux?

tokyo_musee3
Alors quand on ne sait pas forcément quoi faire après avoir visité le Senso-ji, ce musée peut être une expérience intéressante surtout quand les artisans sont présents le week-end. En pleine semaine, cela conviendra à ceux intéressés par l’artisanat. Pour les autres, soyez prévenus que le musée n’est pas très grand et qu’il n’y a pas beaucoup d’explications en anglais/français, donc allez y plus pour le plaisir des yeux!

Les Petits Papiers pratique :

Musée ouvert de 10-20h (entrée gratuite).
Adresse : 2-22-13 Asakusa

Pour en savoir plus sur :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s