« Slow voyage », ou comment découvrir la péninsule de Satsuma à vélo!

Ibusuki et la péninsule de Satsuma… un souvenir très agréable me revient sur cette journée qui avait un air de tropiques. Peut-être mon coup de cœur japonais!

Ibusuki avait retenu mon attention quand je me renseignais sur des destinations pour un second voyage nippon. Ibusuki ou plutôt ses bains de sable chaud (d’origine volcanique) qui font la réputation de la ville. Située à une cinquantaine de kilomètres de Kagoshima (environ 1h de train), cette station thermale attire notamment les Japonais (à cette période de l’année plutôt des seniors) qui viennent dans ces bains particuliers pour soigner notamment leurs douleurs (arthrite, mal de dos…).

Le trajet depuis Kagoshima est très agréable car la ligne de train longe la côte. Dès la sortie de la gare, on trouve un ashiyu pour profiter gratuitement d’un bain de pieds. Vous ne pouvez pas le louper avec son espace couvert et les 4 pieds de l’enseigne. De quoi se délasser après notre petit voyage en train!

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Nous parcourons cette petite ville balnéaire un peu déserte en cette période (fin octobre, et en pleine semaine).  La ville est paisible, d’un style un peu rétro avec ses arcades un peu vieillissantes et ses pavés colorés. Cela change de l’effervescence de Kagoshima!

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Les hibiscus sont légion dans la région et on les retrouve même dessinés dans les petites rues.

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Nous poussons jusqu’au bord de mer, mais nous n’irons pas plus loin et ne prendrons pas la direction des établissements thermaux comme le populaire « Saraku ». En effet, ne connaissant pas l’affluence touristique, nous avons préféré un endroit un peu plus éloigné et moins connu pour tester les bains de sables : Yamagawa.

En revenant sur la gare, nous en profitons pour observer les grands potagers sur lesquels s’affairent les locaux ou les incroyables plantes locales comme ce bananier (et oui, on est presque dans les tropiques).

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Mais voici déjà venu le temps de reprendre le train pour atteindre notre destination initiale, Nishi-Oyama, la station de train JR la plus au sud de tout le Japon. Et cela se mérite car les trains ne sont pas nombreux à s’y arrêter. Mais le paysage qui défile est magnifique et notre wagon peut rempli, l’occasion de faire plein de photos.

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Et là, enfin arrivé, on se sent comme perdu au milieu de nulle part.  Une sensation très agréable! Nishi-Oyama offre un point de vue splendide sur le Kaimon-dake, un volcan fameux qui possède un cône en forme de pyramide. Il mérite bien son statut dans les 100 meilleures montagnes du Japon.

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Il s’agit d’une toute petite station de train, quasiment juste un quai, mais qui est un véritable spot touristique avec son panorama exceptionnel sur le Kaimon-dake avec les champs fleuris à ses pieds et avec sa boite aux lettres jaunes (et oui d’habitude elle est rouge). Une boite qui permet aux japonais et aux étrangers d’envoyer tout leur amour, du bout du monde (ou du japon)  via cette boite aux lettres spéciale. D’ailleurs le centre d’information et la boutique environnante proposent des timbres, des cartes postales et même un certificat de votre passage dans cette station particulière.

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L’occasion aussi de poser avec l’adorable mascotte de la région. « Guribu » doit son nom a « guriin » (vert) et buta (cochon). Et comme Kagoshima est connue pour sa végétation luxuriante et son porc utilisé dans la cuisine locale, il porte donc bien son nom.

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La gare est entourée de fleurs diverses qui apportent une douce atmosphère à ce coin perdu. Les hibiscus apportent un réel air tropical aux lieux.

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Mais si nous sommes venus dans cette fameuse station de train, ce n’est pas seulement pour sa vue magnifique. En effet, en plus de vendre divers produits de la région, la boutique située face à la gare s’occupe également de la location de vélos « Ryugu Cape ». La location n’est pas chère du tout, nous en avons eu pour 1000 yens pour 4 heures (une durée qui n’était pas de trop). Le gros avantage de ces vélos était leur assistance électrique (et oui mine de rien, cela grimpe) qui nous permettrons ensuite de rejoindre onsen et sites naturels.

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Avant de vous lâcher dans la nature, les loueurs vous donneront une carte « Ryugumisaki cycling map » qui indique les chemins pour les cyclistes; mais malheureusement cette dernière n’est pas traduite en japonais. Pour autant ne vous inquiétez pas, il est facile de repérer son chemin.

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Nous quittons donc la gare avec nos beaux vélos en direction de notre 1er obejctif, rejoindre le Yamakawa Steam Sandbath. Le trajet est très agréable à travers les champs avec en toile de fond le volcan Kaimon-dake (ne fait-il pas penser au Mont Fuji?). Les grands espaces, l’air doux, tout était parfait!

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En se rapprochant du site des bains de sables, on peut observer le splendide cadre naturel composé de plages de sable blanc ou noir, criques rocheuses et végétation tropicale. On ne peut pas louper le chemin menant aux bains car c’est une impressionnante descente pentue qui nous attend mais qui offre un superbe point de vue. Nous faisons quelques haltes notamment pour déguster des kakis fuyu. Ces fruits bien juteux (achetés dans la boutique de location des vélos) sont succulents et nous redonnent des forces pour la suite.

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Si nous avons choisi cet endroit, c’est qu’il est un peu perdu à l’écart de des gros onsen d’Ibusuki et offre une belle vue sur le Kaimon-dake. Nous avons donc testé plus petit, moins glamour mais plus local : le Yamakawa Steam Sandbath (Sayuri) aussi appelé Yamagawa Sunamushi Onsen (¥800 pour l’entrée avec le yukata inclus).

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En entrant dans le bâtiment il y a un distributeur automatique de billets d’entrée, mais sinon vous trouverez quelqu’un à l’accueil pour vous aider. Le mieux est de connaître quelques mots en japonais, mais même sans on arrive à se comprendre. Ensuite on accède au vestiaire pour enfiler un yukata. En revenant dans le couloir principal et au fond de ce dernier, vous trouverez des instructions en anglais et quelqu’un viendra vous chercher pour vous emmener à la plage.

Il faut ensuite s’allonger sur la plage face à la mer (à l’endroit indiqué par le staff) et se laisser recouvrir de sable. Certains guides parlaient de mamies adroites à manier la pelle, pour nous il s’agissait plutôt de jeunes japonais (pas plus mal)!  Il s’agit d’une plage de sable noir (peut être dû à l’origine volcanique), qui du coup chauffe le sable (50°) et associé au poids de ce dernier, fait suer et permet donc d’éliminer les toxines.

Pour une première expérience ce fût très agréable. Il suffit de fermer les yeux, d’écouter le bruit des vagues pour se sentir ailleurs. On en oublierait même le poids du sable qui peut paraître déroutant. Le staff est à vos soins et se chargera de remettre du sable si vos orteils sont à l’air ou si trouvant que ce n’est pas assez chaud, vous en voulez une nouvelle couche.

Chacun peut rester y rester plus ou moins longtemps pour profiter de la vue et du cadre exceptionnel. En se levant on se sent d’un coup plus léger! L’eau était tellement claire et la température agréable que nous aurions bien apprécié de pouvoir nous tremper dans la mer. Peine à moitié consolée, en prenant la direction du batiment pour enlever le sable et se détendre cette fois dans l’eau chaude d’un bain (dommage on aurait bien fait également un saut dans la mer qui était chaude et claire).

A la sortie, bien détendues, nous sautons sur l’occasion de nous sustenter avec des œufs et des patates douces vapeurs. En effet il n’y a pas énormément de commerces ou de restaurants dans les environs. Devant l’établissement et laissé à disposition des clients, se trouvent des paniers où l’on peut se servir en libre-service moyennant un petit pécule. Un vrai délice, les patates douces sont succulentes! De quoi rester dans la thématique avec une cuisine saine!

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Le corps et l’estomac en paix, nous reprenons la route. Si le plus dur est de remonter à vélo la longue côte pour retrouver nos chemins de traverses (merci à l’assistance électrique), le reste de notre ballade (ou plutôt nos petits égarements), nous permettra de découvrir de magnifiques endroits comme cette petite baie.

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Nous pédalons ensuite vers Nagasakibana, ce cap qui a jailli de la côte méridionale de la péninsule Satsuma. Il fait l’objet d’une vieille et belle légende : Urashima Tarō, un pêcheur sauva une tortue qui s’avéra être la fille du roi de l’océan. Il aurait voyagé sur le dos d’une tortue depuis ce cap jusqu’au Ryūgū-jō (palais situé au fond de l’océan). Cette belle histoire est illustrée au travers d’une belle statue où les visiteurs laissent un petit message/voeux sur des coquillages. Est-ce une coïncidence si les tortues viennent pondre leurs œufs à Nagasakibana en été?

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Aujourd’hui le Ryūgū existe au travers d’un temple qui honore le prince et la princesse de la mer. Son architecture rouge et blanc se démarque parfaitement sur fond vert et bleu.

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En tout cas entre mer turquoise, bruits des vagues et le phare au bord des rochers avec sa vue magnifique sur le Mont Kaimon, on se sent vraiment dans un comte et en paix avec soit même.

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Juste à côté du phare du cap de Nagasakibana on peut visiter le Nagasakibana Parking Garden (parc avec des plantes subtropicales) et le Flower Park Kagoshima (plus grand parc floral du japon). Je n’ai pas personnellement visité ces lieux, mais il semble que le Nagasakibana Parking Garden soit à éviter. Du coup vous pouvez sinon tout simplement profiter de la beauté du cap.

Mais à observer ce splendide panorama on en oublie le temps qui passe, c’est l’heure de prendre le chemin du retour. Dommage, je serais bien resté encore un peu. Nous reprenons donc nos vélos pour retourner à la gare.

A l’arrivée nous rendons nos vélos aux gérants toujours aussi charmants et en profitons pour découvrir les autres produits locaux vendus dans la boutique et déguster de la glace de patate douce (mon parfum préféré avec celui au matcha). Un pur plaisir avec la lumière couchante.

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Nous attendrons patiemment le train en observant les nombreuses fleurs tropicales. L’occasion également d’assister au coucher de soleil derrière le Kaimon-dake, une image mémorable.

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Malheureusement la journée se termine et il nous faudra reprendre le train avec la joyeuse compagnie de nombreux lycéens et collégiens, et avec des souvenirs plein la tête.

Je retiendrais plein de choses de cette journée :

  • se croire dans les caraïbes mais quasiment pas au japon (avec son doux climat, ses sotetsu (palmiers), ses fleurs et papillons tropicaux.
  • pouvoir pédaler en toute sécurité grâce aux petits chemins de traverses
  • se sentir seule au monde (ou presque).

Conseil gustatif:

Si vous avez plus de temps ou une voiture, pourquoi ne pas déjeuner au TOSENKYO. Sa spécialité c’est les nouilles flottantes (somen-nagashi), de quoi se rafraîchir en été. Je n’ai malheureusement pas pu tester, mais le cadre a l’air sympa! Pour vous en rendre compte voici un lien d’un testeur : http://kagoshimakato.blogspot.fr/2013/08/unique-noodle-experience.html

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